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ou la mienne tout de suite. Charles ne revient pas…

Je me montrai et déclarai que le fusil de M. de Salcède était hors de service.

— C’est faux, s’écria M. le comte, j’irai le chercher moi-même !

Et, s’élançant avec une vigueur soudaine, il fit un cri et tomba en portant la main à son côté droit. Sa maladie de foie, exaspérée par cette colère, lui ôtait la force de se venger sur l’heure. M. de Salcède le prit dans ses bras sans rien dire et le porta chez lui. Sur le seuil, il le remit à mes soins et disparut sans m’adresser un mot.

Madame parut s’éveiller d’un profond sommeil, et, tout effrayée de voir son mari évanoui, elle m’aida à le mettre au lit et courut appeler la baronne, qui ne s’était pas couchée, attendait toujours Salcède au salon et ne se doutait de rien.

Ces dames soignèrent le comte, qui revint à lui et ne parla de l’événement ni à l’une ni à l’autre. Je compris que je devais me taire aussi. Le lendemain de grand matin, M. de Salcède était parti, laissant à madame de Montesparre un billet où il lui disait que son père était gravement malade, et qu’il courait le soigner. M. le comte, encore souffrant, ne se leva que dans la soirée, s’informant beaucoup de la voiture de voyage, qui ne fut en état de marcher que le jour suivant.

Nous étions à Paris quatre jours après l’événement que je viens de raconter. Le lendemain de