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parti. Le relais de poste le plus rapproché était à quatre lieues ; c’était un pauvre hameau où il serait impossible de faire réparer la voiture, qui certes n’était pas en état d’aller plus loin. M. le comte proposa à madame d’aller coucher à Flamarande. On chercha un moyen de transport ; il n’y en avait pas. Madame, qui était la résignation même, assura qu’elle irait fort bien à pied, et on allait s’y décider lorsqu’un équipage passa sur la route et nous héla à grands cris.

C’était la famille de Léville qui s’en allait dîner à Montesparre et qui, voyant notre détresse, jugea que nous étions fous de ne pas retourner à ce bon gîte, où les moyens de réparer notre véhicule étaient assurés. Ces braves voisins insistèrent tellement que monsieur dut céder pour n’être pas ridicule dans son caprice et inhumain pour sa jeune femme, condamnée à faire deux lieues à pied pour aller coucher sur la paille à Flamarande. On s’empila donc dans la voiture des Léville ; la nôtre suivit de loin, au pas. Nous rentrâmes à Montesparre six heures après l’avoir quitté.