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Yvoine, espèce de maquignon braconnier qui apportait de temps en temps des plants à M. de Salcède. Je fis bien, car le sentier était épouvantable, et j’y eus plus d’une fois le vertige ; mais j’étais résolu à m’aguerrir, et, comme j’avais une très-bonne mémoire des localités, mes affaires avec Michelin terminées, je revins seul à Montesparre. Je commençais à trouver très-beau et très-intéressant ce pays, qui m’avait d’abord frappé de terreur.

Ces détails n’ont aucun intérêt, j’en tombe d’accord ; mais il faut bien que l’on sache pourquoi le roman commencé sous mes yeux entre madame de Flamarande et M. de Salcède offrit une lacune importante à mes observations.

Quand je me retrouvai libre d’esprit et maître de mes heures, je repris le cours de mes remarques. Le beau marquis avait été très-vite guéri de sa blessure, il marchait comme un cerf et montait à cheval comme un centaure. M. le comte était, lui, très-souffrant d’une maladie chronique qui alors n’avait pas de gravité, mais à laquelle il a fini par succomber. Il s’était fatigué à Flamarande et s’en ressentait encore. Il sortait donc le moins possible et jouait beaucoup au billard avec un vieux ami de la maison qui perdait régulièrement trois fois sur quatre ; puis il lisait, me dictait quelques lettres et faisait une sieste après-midi. Pendant ce temps, madame de Flamarande courait à cheval et en voiture avec madame de Montesparre et cinq ou six per-