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Hélène à l’intimité de la comtesse, ne montrait ni surprise, ni satisfaction, ni embarras, ni déplaisir, ni curiosité. Peut-être était-il dans la confidence de quelque secret ; peut-être était-il gagné à la cause de Gaston et chargé de me pénétrer ; peut-être était-il l’insouciance même.

Nous fûmes servis par le groom que dirigeait miss Hurst. Cela ressemblait à une dînette d’écoliers prise en cachette du règlement. Évidemment madame voulait, en changeant ses habitudes et les nôtres se ménager l’occasion incessante de parler avec moi de ses joies ou de ses peines maternelles. Elle fut adorable de bonté, Roger étincelant de gaieté. L’abbé parut fort à l’aise. Hélène, occupée de nous tous, ne parut pas songer à elle-même. Je remarquai que la comtesse la traitait comme une amie ; celle-là, je n’en pouvais douter, était dans toutes les confidences.

Après le dîner, madame alla au jardin, et chacun de nous à ses affaires ; mais elle exigea que la partie d’échecs eût lieu au salon de huit à dix heures, comme elle avait lieu ordinairement chez moi. Cela fut réglé une fois pour toutes. Roger voulut essayer ce jeu sérieux et faillit en devenir fou. Il y renonça vite. Madame essaya aussi par complaisance ou par politique. Elle y prit goût et devint en peu de temps d’une très-jolie force. Quand je la gagnais, c’est qu’elle le voulait bien. Il venait rarement du monde le soir, et dans ces