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que cette victime de la sévérité conjugale ne soit pas une victime sans tache ! Comme je serais heureux de me dévouer à elle, de lui rendre plus faciles et plus sûres les entrevues avec son enfant, de mériter sa confiance et de pouvoir me dire son sauveur et son ami, tandis qu’elle joue un rôle vis-à-vis de moi et va me forcer à en jouer un vis-à-vis d’elle !

Je n’étais pas encore décidé à profiter de son invitation lorsque Roger vint me chercher avec tant d’insistance et d’empressement qu’il me donna à peine le temps de faire ma toilette. Je me fis beaucoup prier. Ce dîner quotidien était très-incommode pour moi qui n’aimais plus à m’habiller et qui en avais fort peu le temps. Je ne mangeais pas, je serais un convive maussade. Mon admission à la première table me ferait des jaloux, des ennemis par conséquent. Je serais blâmé par M. le comte d’avoir accepté un pareil honneur. Roger n’écouta rien ; quand il voulait quelque chose, il le voulait passionnément. L’idée venait de lui. Il ne concevait pas qu’elle ne lui fût pas venue plus tôt. Il en prenait la responsabilité auprès de son père. Enfin il me saisit par le bras et m’emmena de force, car il était déjà robuste, et j’étais affaibli par une maladie de langueur.

Le dîner était servi dans une petite salle où jusque-là M. Ferras avait mangé seul. Le brave homme, admis en même temps que moi et miss