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de distraction pour sa santé, et elle l’entourait d’hommes nuls et de femmes tarées. Il y avait du luxe chez eux, mais pas de manière à faire craindre que le capital de M. le comte ne fût entamé. Cette femme n’aimant que la dépense paraissait ne pas songer à capitaliser pour son compte.

Je vis ces choses à Londres une fois que je dus m’y rendre pour entretenir M. le comte des affaires de ma gestion. Il eut toujours la haute main sur l’éducation de Roger, qui ne fut point mis au collége et suivit seulement des cours, accompagné de son précepteur. Ce précepteur était toujours l’abbé Ferras, un homme très-doux et très-patient, manquant d’initiative en toutes choses et ne prenant point à cœur ce qui se passait autour de lui. Il ne songeait qu’à ses travaux de bibliophile, c’était là son unique passion. À la campagne, quand Roger prenait peu ou point ses leçons, le brave homme s’en consolait en travaillant à d’interminables catalogues. À Paris, sitôt qu’il avait accompli sa tâche quotidienne auprès de l’enfant, il allait bouquiner sur les quais ou sous les arcades de l’Odéon.

Il m’était facile de voir que Roger n’apprenait absolument rien avec lui. Sans les soins de sa mère, il eût été un parfait ignorant. Madame assistait à ses leçons et les prenait pour son compte ; après quoi, elle les lui remâchait sous diverses formes jusqu’à ce qu’elle vît qu’il avait compris. Alors elle le laissait tranquille, car d’espérer qu’il