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rais jamais invoquer, si je n’avais pas de preuve, et que je recouvrais vis-à-vis de moi-même, si je parvenais à démasquer le mensonge.

Aussi attentif, aussi souple, aussi prompt, aussi muet que le chat qui guette sa proie, je me plaçai de manière à me dissimuler, si Salcède ouvrait les yeux. Vingt fois, cent fois peut-être, je portai la main sur le trésor, autant de fois je la retirai, suivant tous les imperceptibles mouvements d’un sommeil où l’instinct de l’âme survit à l’accablement du corps. Enfin, par je ne sais quels miracles de patience et de dextérité, je parvins à soulever la boutonnière qui fermait le sachet, à y glisser le doigt et à y saisir parmi des feuilles desséchées une petite bande de papier roulé. En ce moment, Salcède porta machinalement la main à son trésor, il le sentit sous ses doigts et n’ouvrit pas les yeux. J’étais déjà dans l’embrasure de la fenêtre, et je lisais ces quatre mots : Veille sur notre enfant ! et au-dessous la signature Rolande. C’était bien l’écriture de madame la comtesse ; je m’approchai de la table, je cherchai un papier à peu près semblable à celui du billet. J’y calquai très-fidèlement les quatre mots, je le roulai dans mes mains pour enlever la fraîcheur du pli, et je parvins à le réintégrer dans le sachet. Je mis l’autographe dans mon portefeuille, et je descendis au salon, résolu à m’évader.

Mais attacher la corde solidement n’était pas fa-