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Je savais assez de latin pour comprendre que l’espélunque était un mot patois signifiant le souterrain. Ambroise allait donc lever la trappe et descendre. Mon premier mouvement fut de le devancer dans le souterrain afin de me dissimuler à l’endroit convenable et de le suivre quand il serait passé ; mais une invincible horreur des ténèbres me retint. D’ailleurs, le temps manquait. Je me blottis sous l’escalier de bois. Ambroise passa au-dessus de ma tête, et il passa sans lumière, en sifflant ; il s’engagea dans l’espélunque en homme qui connaît son chemin, exempt de toute appréhension. Il n’y avait donc aucun danger à courir dans ce passage, et j’eus honte de la frayeur que j’y avais éprouvée ; mais il ne m’était pas permis de suivre Ambroise. Il avait fermé la porte du caveau derrière lui, et je l’entendis retirer la clef ; sans doute M. Salcède en avait une autre.

Je n’entendais plus rien dans le salon. Salcède était remonté à sa chambre pour dormir ou pour travailler. Je ne pouvais plus fuir que par la fenêtre du salon. Je retrouvai la corde dont je m’étais muni lorsque j’avais formé ce projet ; je l’avais cachée sous des fagots. J’avisai par là une bouteille à demi pleine ; j’avalai environ la contenance d’un verre de vin éventé, très-mauvais, mais qui suffit à me rendre la force dont j’avais besoin.

Je remontai au salon et fus curieux de voir le contenu du panier qu’Ambroise y avait déposé