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nant dans sa pâleur, il lui a dit d’une voix faible :

» — Ma mère, ma mère, à moi !

» Heureusement nous étions seuls dans le donjon. Elle a pu y rester cachée les jours et les nuits suivantes, se retirant dans le tourillon que j’ai fait arranger un peu, au moment où les Michelin venaient voir l’enfant. Ces braves gens n’ont donc rien su de cette visite et elle a pu partir comme elle était venue, la nuit, sans être observée. Cette fois, Ambroise ayant pu prendre ses mesures, l’a conduite jusqu’à Saint-Sernin, où elle a pris la diligence du matin. Elle devait être brisée ! Pendant trois jours et trois nuits, je ne crois pas qu’elle ait dormi un instant, même sur le matelas que j’avais fait mettre pour elle dans la tourelle du donjon. J’espérais que, pendant les visites des Michelin et du médecin, elle dormirait quelques instants. Non ! je la retrouvais debout, regardant et écoutant à travers la serrure. Elle touchait à peine aux aliments qu’on apportait pour moi. Elle n’avait ni faim ni soif, ni sommeil ni lassitude. Elle n’était pas même pâlie par la fatigue ; elle voyait son enfant, et il était sauvé !

» — Comment ferais-je pour souffrir de quelque chose, me disait-elle, quand j’ai tant de joie et de bonheur ?

» Je l’ai suppliée en vain d’aller, avant de repartir, prendre une nuit de véritable repos au Refuge ; je n’ai pu l’y faire consentir.