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pierres bien disposées pour franchir les petits cours d’eau, quelques arbustes étrangers à la contrée, mais plantés comme au hasard ou à titre d’essai ; pas un légume, pas de parc ménagé pour quelque bétail, pas une poule ; rien qui sentît le besoin de l’exploitation ou le souci de la vie matérielle. On s’était fait là un nid chaud et tranquille en plein désert et en pleine nature.

Je remarquai encore que, s’il y avait des troupeaux épars sur les hauteurs environnantes, ils étaient à une grande distance et ne descendaient plus comme autrefois dans cette partie du cirque de Mandaille, et je me rappelai que cette région n’était plus, depuis la Révolution, une dépendance de la terre de Flamarande. C’était un communal aliéné apparemment à un particulier depuis que je n’étais venu au pays. Évidemment, la solitude avait été si bien établie, que madame la comtesse pouvait, sous un simple déguisement, venir là, y rester quelques jours et en repartir sans que personne en eût connaissance. J’avais fait quelque chose de plus difficile en amenant Gaston, à l’insu de tous, au manoir même de Flamarande.

J’en étais là de mes réflexions, lorsque j’entendis grincer une forte serrure au-dessous de moi. C’était l’unique porte de l’habitation que l’on fermait. Entrait-on ou se disposait-on à sortir ? Je me hasardai à regarder par la fenêtre. Je vis Ambroise Yvoine, qui mettait la clef dans sa poche comme un