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Hélène qui fait tout son service. Écrivez à M. le comte, si vous croyez devoir le faire ; moi, je ne me permettrai pas cela. Je sais qu’Hélène est tranquille et ne montre aucune tristesse, qu’elle amuse le petit dans le salon, et qu’il y fait grand train, chose qu’on ne lui permettrait pas, si madame était bien malade.

Je n’osais montrer mes doutes, mais j’étais convaincu que madame n’était pas dans la maison depuis huit jours, et qu’Hélène mettait un paquet de lingerie sur son lit pour simuler aux yeux de Roger une personne couchée.

Pour moi, cette absence mystérieuse était un fait avéré d’inconduite.

J’aurais pu écrire au mari, faire chasser la confidente. Je ne voulais pas persécuter madame. Je me tins tranquille, mais j’observai attentivement l’heure de son retour, car il fallait bien qu’elle rentrât, ce qui était plus difficile que de sortir sans être observée.

Le soir même, vers dix heures, comme je me tenais en observation, tantôt dans l’avant-cour, tantôt devant la loge, où je feignais de jouer avec le chien, je vis une femme voilée, mal vêtue, et qui paraissait courbée par l’âge, passer sans rien dire devant la loge du suisse et monter l’escalier de service du premier pavillon de droite, celui qu’occupait la comtesse.

Je m’élançai sur ses traces.