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Oui, voilà ce qu’il fallait faire ; mais un inexplicable sentiment de colère et de ressentiment m’en empêcha.

— N’ai-je pas été bien simple, me disais-je, d’avoir cru à la vertu d’une femme si habile à cacher ses émotions et si ardente à les satisfaire ? Où ai-je pris l’idée romanesque qu’elle était une victime digne de respect et de pitié ? quel voile avais-je donc sur les yeux quand j’accusais son mari de folie et d’injustice ? Après le châtiment qu’elle a subi et la menace d’être séparée de son second fils, aurait-elle l’audace de revoir Salcède et de tromper ainsi M. le comte, si elle n’avait pas été déjà une épouse coupable ? Oui, oui, M. de Flamarande a vu clair, Gaston est le fils de Salcède, et j’ai servi une vengeance bien fondée. Aurais-je la sottise de m’en repentir et la lâcheté d’en demander pardon ? Non certes ! J’ai été joué par elle, j’ai failli céder à son prestige, tomber sous son empire, me faire le serviteur du mensonge et de l’adultère ; mais c’est fini, bien fini : je la méprise et je la hais.