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XLII


Je perdis ainsi deux heures. Une pluie fine tombait, et la nuit se faisait plus tôt que de coutume. Je m’étais égaré et me trouvais dans une véritable lande où je n’avais plus espoir de rencontrer personne et où je cherchais à m’orienter pour regagner la porte Maillot, lorsque, de derrière une touffe de jeunes pins, j’entendis sortir une voix qui me fit tressaillir, et qui, bien que voilée par la prudence, prononça distinctement ces mots :

— Adieu !… oh ! que je vous aime, que je vous aime !

C’était la voix de la comtesse. Deux personnes sortirent du massif, la femme enveloppée et voilée disparut ; l’homme, très-grand, d’une silhouette très-élégante à laquelle je ne pouvais me méprendre, s’éloigna ; c’était M. de Salcède.

Je m’élançai sur ses traces sans trop me dissimuler. Il ne s’aperçut pourtant de ma poursuite