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— Non, elle n’était pas là ; mais M. de Salcède y était.

— Et ils ont trouvé l’histoire ?…

— Très-belle.

— Et vous, Yvoine, y croyez-vous ?

— Je ne la crois pas impossible. Quelque pauvre femme aura recueilli l’enfant et l’aura nourri en secret par crainte du seigneur de Flamarande. Quant aux miracles, on y croyait dans le temps, et il n’y a pas de légende sans cela. Moi, je n’en ai jamais vu ; mais je ne dis ni oui ni non, je suis trop bête pour raisonner là-dessus. — Êtes-vous mieux, monsieur Charles, et vous sentez-vous de l’appétit ?

On se mettait à table, et je m’efforçai en vain de manger ; j’étais trop ému. Le récit d’Ambroise était pour moi une révélation. Évidemment ce récit avait vivement frappé M. le comte et s’était emparé de son cerveau. Ce nom de Gaston donné précisément au fils qu’il répudiait n’était-il pas comme un besoin de recommencer la légende ? Attendrait-il que Gaston fût mort pour tenter la seconde épreuve ?

Mais cette légende existait-elle ? n’était-ce pas un autre genre d’épreuves que me faisait subir Ambroise Yvoine ? Il arrivait des environs de Sévines, où il avait pu, en recueillant les propos, partager les soupçons relatifs à la disparition de Gaston. Maquignon qu’il était, il avait dû s’inté-