Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


crois pas l’avoir revu depuis l’événement, et il n’est plus ici : qu’est-il devenu ?

Je sentis mes jambes trembler sous moi et ne pus répondre.

— Parlez donc, monsieur Charles ! s’écria Julie ; c’est vous qui avez fait sortir Zamore pour la dernière fois. Joseph s’en est assez tourmenté, puisqu’on ne l’a jamais revu.

— Charles ! s’écria à son tour madame la comtesse, vous ne voulez pas le dire, et pourtant vous le savez. Ce cheval est tombé mort en enlevant mon fils ! Vous devenez tout pâle. Ah ! Charles, vous savez tout !

Et, s’élançant vers moi, elle me saisit les deux mains ; puis, sans que je pusse l’en empêcher, elle tomba à mes genoux.

— Charles, vous êtes un honnête homme, vous, un cœur excellent. J’ai su vous apprécier, vous n’êtes pas un domestique, vous êtes l’ami de la famille ; vous me voyez à vos pieds, comme vous me verriez à ceux du docteur, s’il pouvait me dire la vérité. Vous me la direz ; vous êtes bon, vous comprenez ma souffrance, vous aurez pitié de moi… Charles, répondez-moi, mon bon Charles, mon ami !…

Et je sentais ses larmes chaudes tomber sur mes mains, qu’elle retenait dans les siennes.

Je me sentais défaillir, j’étais vaincu. J’allais tout avouer lorsque M. le comte entra brusquement, et, voyant sa femme à mes pieds, il fut saisi d’un