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qu’à lui-même. Il était brun, et appartenait aussi bien au type de M. de Flamarande qu’à celui du marquis de Salcède. Ses traits étaient moins réguliers que ceux de Roger, mais il avait des yeux et un regard que je n’ai vus qu’à lui.

M. le comte était guéri, et ses intérêts exigeaient son retour en France. Comme madame regrettait l’Italie, il lui promettait d’y garder un pied-à-terre afin de l’y conduire aussi souvent que possible. Ce n’est pas que la comtesse montrât de la répugnance à revoir Paris et le monde, mais elle craignait que son fils ne fût éprouvé par ce changement de climat. Il ne le fut pas sérieusement. Pourtant elle demanda à son mari et obtint la permission de vivre très-sédentaire et de ne voir ses amis que le soir, chez elle ; elle n’était heureuse et gaie qu’avec son fils, le reste ne l’intéressait pas. Aucune coquetterie ; ses belles robes et ses splendides joyaux voyaient rarement le jour. Elle recevait le jeudi dans l’après-midi, et, ce jour-là, on retenait les intimes pour dîner. Le dimanche, on faisait des invitations, et les salons étaient ouverts le soir. Le reste du temps, madame sortait pour promener Roger ou jouait avec lui dans ses appartements. Quand il dormait, elle étudiait les différentes méthodes pour sa première éducation. M. le comte faisait quelques visites, montait à cheval, ou s’enfermait avec moi dans son cabinet pour lire des livres nouveaux et les journaux.