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porte au nez. J’étais las, je me jetai sur la litière fraîche et je dormis environ deux heures, avec la préoccupation de ne pas être aperçu et pris à première vue pour un voleur. Le jour ne paraissait pas encore, j’essayai inutilement de me rendormir. Je n’étais pas dans une situation à avoir l’esprit bien tranquille, quoique ma conscience ne me reprochât rien, lorsque je pouvais lui donner de bonnes raisons. Dans le sommeil, n’étant plus aux prises qu’avec mon imagination, elle condamnait ma conduite sous forme de rêves extravagants et pénibles. Je me sentais plutôt surexcité que fatigué, et je me mis à repasser dans mon esprit le rôle que j’allais jouer et le thème que je m’étais préparé.

J’étais encore incertain sur un point essentiel. Devais-je me faire reconnaître pour l’homme attaché au comte de Flamarande, ou, déguisé d’accent et de visage, apparaître comme un étranger ? Dans le cas où Gaston ne serait jamais accepté par le comte, c’était trahir une partie de son secret que de me donner pour le père d’un enfant né dans sa maison, pour ainsi dire, et, en admettant qu’il dût pardonner, mieux valait laisser croire qu’il s’intéressait jusqu’à un certain point au fils de son fidèle serviteur.

Tout à coup une idée malheureuse, mais que je crus la meilleure, par la raison qu’elle était autre, traversa mes irrésolutions. Le hasard m’amenait