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XXIX


Les choses tournèrent autrement que je ne l’avais prévu. J’avais pris la diligence sans autre mystère que celui de m’affubler de mon costume de pasteur protestant, qui, étant non pas un déguisement, mais un habillement quelconque, sérieux et décent, avait l’avantage de me servir partout et d’être improvisé n’importe où. Le véritable travestissement était celui de ma figure, que j’étais devenu très-habile à rendre méconnaissable. Je pouvais donc me présenter à Flamarande sans être reconnu pour le valet de chambre et l’homme de confiance de M. le comte. J’avais laissé à l’enfant le costume de villageois, qu’il portait à Nice. Il avait alors trois ans et trois mois, car nous étions en été. Il était très-grand pour son âge, et je pouvais facilement lui donner quatre ans. Il ne savait pas un mot de français et ne parlait que le patois méridional de sa montagne. Il n’y avait donc pas de risque qu’il pût