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— Celle-ci, reprit-il, est aussi sûre que peut l’être une chose humaine. Il s’agit seulement de la compléter, car nous sommes trois dans le secret, et la nourrice, n’étant plus nécessaire, est de trop dans nos affaires. L’enfant a maintenant trois ans, il est temps de l’isoler de cette famille que je lui ai provisoirement donnée. Vous allez partir pour le chercher, et vous le conduirez n’importe dans quel autre milieu, où vous vous arrangerez de façon qu’il arrive absolument inconnu et soit élevé en paysan ou en ouvrier, en homme du peuple enfin. Puisque vous vous intéressez à lui, faites que son éducation soit morale et qu’il ait le moyen de s’établir un jour dans l’humble condition que je lui assigne. Je fournirai l’argent nécessaire, mais que je n’entende plus jamais parler de lui, ou malheur à lui !

— Alors, répondis-je consterné, que M. le comte veuille bien me donner ses instructions écrites comme la première fois ; je m’y conformerai.

— Non, Charles, reprit-il de son ton le plus absolu. Plus d’instructions ! vous prendrez tout sur vous. Vous savez mes intentions, ma volonté inébranlable. Moi, j’ai une foi absolue en votre délicatesse. Vous ferez à l’enfant tout le bien possible dans la limite tracée, c’est-à-dire que ce Salcède sera peuple, élevé par le peuple, établi dans le peuple. Épargnez-lui la misère, le rachitisme, l’abaisse-