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rongée par un chagrin lent et profond. Je pensai qu’elle venait là pour mourir, et M. de Flamarande me parut haïssable. La pensée me vint de tout révéler ; mais j’étais trop avancé, trop compromis pour reculer si vite.

— Attendons, me disais-je. Si elle surmonte cette crise, il sera moins douloureux pour elle d’accepter un fait accompli que de savoir son fils banni et remis à des mains étrangères. Elle ne se résignerait sans doute pas à l’y laisser, et, l’obstination et la résolution de M. le comte étant données, qui sait ce qu’il n’imaginerait pas encore pour que l’enfant ne fût jamais retrouvé ?

Je supportai donc l’épreuve quand madame, en me voyant venir à sa rencontre, me dit :

— Vous savez, Charles, ce qui m’est arrivé ?

Elle n’attendit pas ma réponse, et ma figure seule lui exprima mon feint étonnement. Dès que je fus seul avec Julie et qu’elle eut répondu à mes premières questions, elle entra dans les détails que je brûlais de savoir.