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précautions pour que la comtesse ne fût informée de rien. Au milieu de l’émotion produite par l’événement, je partirais, sans être vu, avec la nourrice et l’enfant, comme si j’allais à leur recherche. Tout était minutieusement prévu par le comte ; mais je fus pris d’épouvante, et je refusai d’agir.

— Monsieur le comte, m’écriai-je, je vois bien que vous voulez éluder l’essentiel. Malgré vos promesses, vous espérez échapper à la loi. Il faut que l’enfant soit présenté à la municipalité, il faut que vous le reconnaissiez, il le faut absolument ; autrement, vous êtes passible de poursuites judiciaires, amende et prison.

— Je le sais, répondit-il. Je m’expose à cela, moi ! reculez-vous ?

— Oui, monsieur le comte. Rien d’illégal, c’est ma devise. Connaissant la loi par état pour ainsi dire, je serais inexcusable de l’enfreindre.

M. le comte me parla d’une somme considérable à gagner, et, voyant qu’il m’offensait sans me convaincre, il céda.

— La comtesse, dit-il, verra donc son fils ! J’aurais voulu, dans son intérêt, qu’elle n’eût pas le temps de s’attacher à lui ; mais, puisque vous avez peur…

— J’ai peur de la tuer, m’écriai-je, et, s’il faut vous le dire, je n’ai pas d’autre peur.

Il garda un moment le silence, puis il me dit d’un ton singulier :