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DLXV

À MADAME SIMONNET, À MONGIVRAY,
PRÈS LA CHÂTRE


Palaiseau, 24 juillet 1864.


Ma chère enfant,

René a dû te dire comment nous sommes partis tout à coup pour Guillery. Nous voilà revenus, laissant notre pauvre enfant dans la tombe de son arrière-grand-père. Maurice et Lina, que j’ai embarqués pour Nîmes, ont été bien soulagés de me voir, et ils ont écouté mes consolations avec un cœur bien tendre. Mais quelle douleur ! Maurice, qui s’était exténué à soigner son enfant et qui le croyait sauvé ! Je reviens brisée de fatigue ; mais j’ai besoin de courage pour leur en donner, et je supporterai mon propre chagrin aussi bien que je pourrai. Écris-leur à Nîmes, chez Boucoiran, au Courrier du Gard. Ils vont voyager un mois pour se remettre et se secouer ; mais ils auront leur pied-à-terre à Nîmes et ils y recevront leurs lettres. J’ai oublié de donner leur adresse à Ludre ; fais-la-lui savoir tout de suite. Ces témoignages d’affection leur feront du bien.

Aussitôt que je pourrai, j’écrirai au ministre pour Albert, sois tranquille.