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par un surcroît de travail. Il faut que je fasse à Buloz, au grand galop, un long roman ; et, comme ledit Buloz a été très bien pour moi, je dois le contenter, morte ou vive. Voilà pourquoi je ne trouve pas une heure pour écrire à mes amis. Je me porte bien à présent. Je me suis envolée toute seule quelques jours à Gargilesse, où j’ai travaillé la nuit, mais où j’ai couru le jour. C’est un paradis en cette saison. Mes enfants sont encore un peu aux arrêts forcés à cause de M. Marc[1] ; mais le voilà qui a des dents et qui mange de la viande. Il ne tardera pas à être sevré ; après quoi, ses parents doivent le conduire dans le Midi et à Paris, où ils ont envie de faire aussi une petite installation. Moi, je crois qu’ils seraient mieux à Nohant. Nous verrons. Le petit est charmant, gai comme un pinson et pas du tout grognon.

Au revoir et à bientôt, mes bons amis ; aimez-vous toujours. Je vous embrasse tous bien tendrement. Lina réparera ses torts en vous écrivant une longue lettre.

G. SAND.
  1. Petit-fils de George Sand.