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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/33

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DLVI

À MADEMOISELLE NANCY FLEURY, À PARIS


Nohant, 8 mai 1864.


Chère amie,

Je ne savais pas que cette petite feignante de Lina ne vous avait pas répondu. Elle ne s’en est pas vantée. Elle est si absorbée par son poupon, et elle s’en occupe si gentiment et si bien, qu’il faut lui pardonner tout.

Ne soyez pas inquiets de nous : nous nous portons tous bien, et nos petites incertitudes ont cessé. Les chers enfants ne veulent pas gouverner Nohant ; ils ont un peu tort dans leur intérêt, ils y mettraient sans doute plus d’économie que moi. Mais ils y portent je ne sais quels scrupules qui sont bons et tendres. Je mets donc Nohant sur le pied d’absence, avec la facilité d’y revenir à tout moment et d’y retrouver Sylvain, régisseur de la réserve ; Marie, gouvernante de la maison, et le jardin en bonnes mains. Cela fait, je vole à Palaiseau ; car, si Villemer me donne de quoi payer mon arriéré, ce n’est pas une raison pour que j’en recommence] un [nouveau l’année prochaine, et que je ne puisse jamais me reposer.

Mais, en ce moment, j’achète mon prochain repos