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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/284

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voilà toute mon ambition. S’il ne réussit pas, ce sera à recommencer, voilà tout.

Je te verrai. Donc, dans tous les cas, ce sera un heureux jour. Viens me voir la veille, si tu arrives la veille, ou, le jour même, viens dîner avec moi. La veille ou le jour, je suis chez moi d’une heure à cinq heures.

Merci ; je t’embrasse et je t’aime.


DCLXXXI

AU MÊME


Nohant, 15 octobre 1868.


Me voilà cheux nous, où, après avoir embrassé mes enfants et petits-enfants, j’ai dormi trente-six heures d’affilée. Il faut croire que j’étais lasse, et que je ne m’en apercevais pas. Je m’éveille de cet hibernage tout animal, et tu es la première personne à laquelle je veuille écrire. Je ne t’ai pas assez remercié d’être venu pour moi à Paris, toi qui te déplaces peu ; je ne t’ai pas assez vu non plus ; quand j’ai su que tu avais soupé avec Plauchut, je m’en suis voulu d’être restée à soigner ma patraque de Thuillier, à qui je ne pouvais faire aucun bien, et qui ne m’en a pas su grand gré.

Les artistes sont des enfants gâtés, et les meilleurs sont de grands égoïstes. Tu dis que je les aime trop ;