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N’y pensons pas ; je m’étais juré de ne plus trop aimer, c’est impossible. La passion me domine encore dans la fibre maternelle. Heureux ceux qui aiment faiblement !

Mais je ne veux pas vous attrister, vous brisée aussi ; nous sommes très heureux ; tout va bien, et il me prend des terreurs. C’est injuste et lâche.

Dites-moi ce que vous faites, et si vous trouvez quelque part un peu de fraîcheur. Ici, la zone torride recommence ; mais nous aimons tant le chaud, que nous ne voulons pas en sentir l’excès.

Dites nos tendresses à Frédéric, et recevez-les toutes aussi.

G. SAND.


DCLXXVII

À GUSTAVE FLAUBERT, À CROISSET


Paris, août 1868.


Pour le coup, cher ami, il y a une rafle sur les correspondances. De tous les côtés, on me reproche à tort de ne pas répondre. Je t’ai écrit de Nohant, il y a environ quinze jours, que je partais pour Paris, afin de m’occuper de Cadio : — et, je repars pour Nohant, demain dès l’aurore, pour revoir mon Aurore. J’ai écrit, depuis huit jours, quatre tableaux du drame, et ma besogne est finie jusqu’à la fin des répétitions,