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y avait pour toi une autre dépense de forces durant cette claustration ; — alors c’est très beau, mais il ne faut pas prolonger cela indéfiniment ; si le roman doit durer encore, il faut l’interrompre ou le panacher de distractions. Vrai, cher ami, pense à la vie du corps, qui se fâche et se crispe quand on la réduit trop. J’ai vu, étant malade, à Paris, un médecin très fou, mais très intelligent, qui disait là-dessus des choses vraies. Il me disait que je me spiritualisais d’une manière inquiétante, et, comme je lui disais justement à propos de toi que l’on pouvait s’abstraire de toute autre chose que le travail et avoir plutôt excès de force que diminution, il répondait que le danger était aussi grand dans l’accumulation que dans la déperdition, et, à ce propos, beaucoup de choses excellentes que je voudrais savoir te redire.

Au reste, tu les sais, mais tu n’en tiens compte. Donc, ce travail que tu traites si mal en paroles, c’est une passion et une grande ! Alors, je te dirai ce que tu me dis. Pour l’amour de nous et pour celui de ton vieux troubadour, ménage-toi un peu.

Consuelo, la Comtesse de Rudolstadt, qu’est-ce que c’est que ça ? Est-ce que c’est de moi ? Je ne m’en rappelle pas un traître mot. Tu lis ça, toi ! Est-ce que vraiment ça t’amuse ? Alors, je le relirai un de ces jours et je m’aimerai si tu m’aimes.

Qu’est-ce que c’est aussi que d’être hystérique ? Je l’ai peut-être été aussi, je le suis peut-être ; mais je n’en sais rien, n’ayant jamais approfondi la chose et