Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/161

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


semble que si. Ce que vous faites paraît si facile, si abondant ! c’est un trop plein perpétuel, je ne comprends rien à votre angoisse.

Bonsoir, cher frère ; mes tendresses à tous les vôtres. Je suis revenue à ma solitude de Palaiseau, je l’aime ; je m’en retourne à Paris lundi. Je vous embrasse bien fort. Travaillez bien.


DCXXII

À M. THOMAS COUTURE, À PARIS


Palaiseau, 13 décembre 1866.


Cher maître,

Votre ouvrage soulèvera, je crois, des tempêtes, et déjà on veut m’en rendre solidaire. On annonce que ma préface est prête. Cela n’est pas, et, réflexion faite, je ne la ferai pas. Tant que j’ai ignoré la partie qui est toute de critique, et même après avoir écouté la lecture de plusieurs fragments, je vous ai dit oui. Pourtant je vous conseillais de faire de votre ouvrage un traité, sans vous lancer dans l’appréciation des vivants ou des morts de la veille ; vous avez persisté, c’était votre droit indiscutable. Vous avez pourtant modifié votre jugement sur Delacroix quant aux expressions ; mais, j’y ai pensé depuis, le fond reste le même. Il n’en pouvait être autrement.