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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 5.djvu/15

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me réconcilie avec elle tous les soirs. Aussi n’ai-je pas de rancune contre ses fautes, et mes colères ne m’empêcheront jamais d’être jour et nuit à son service. Passons l’éponge sur les misères, les erreurs, les fautes de tels ou tels, de quelque opinion qu’ils soient ou qu’ils aient été, s’ils ont dans le cœur des principes de progrès ardents et sincères. Quant aux hypocrites et aux exploiteurs, qu’en peut-on dire ? Rien ; c’est le fléau dont il faut se préserver, mais ce qu’ils font sous une bannière ou sous une autre ne peut être attribué à la cause qu’ils proclament et qu’ils feignent de servir.

Quand nous mettrons de l’ordre dans notre catéchisme par causerie, il faudra bien que nous commencions par le commencement et que, avant de nous demander quels sont les droits de l’homme en société, nous nous demandions quels sont les devoirs de l’homme sur la terre, et cela nous fera remonter plus haut que république et monarchie, vous verrez. Il nous faudra aller jusqu’à Dieu, sans la notion duquel rien ne s’explique et ne se résoud ; nous voilà embarqués sur un rude chemin, prenez-y garde ! mais je ne recule pas si le cœur vous en dit.

Bonsoir pour ce soir, cher ami, et à vous de cœur et de tout bon vouloir.

G. SAND.