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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/36

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

de Blanqui, Raspail et Cabet n’existait peut-être pas, à moins qu’elle ne fût mêlée à celle de Louis Blanc. Par eux-mêmes, ces trois hommes ne réunissent pas à Paris mille personnes sûres. Ils sont donc peu dignes du fracas qu’on a fait à leur propos.

La conspiration Louis Blanc, composée de trente mille ouvriers des corporations, ralliés par la formule de l’organisation du travail, était la seule qui pût inquiéter véritablement le parti Marrast ; mais elle eût été écrasée par la garde nationale armée, si elle eût bougé.

Toutes ces combinaisons avaient chacune un prétexte différent pour se mettre sur pied aujourd’hui.

Pour les ouvriers de Louis Blanc, c’était de se réunir au Champ de Mars, afin d’élire les officiers de leur état-major.

Pour la banlieue de Marrast, c’était de venir reconnaître ses officiers.

Pour la mobile et la police de Caussidière et Ledru, c’était d’empêcher Blanqui, Raspail et Cabet de tenter un coup de main.

Pour ces derniers, c’était de porter des offrandes patriotiques à l’hôtel de ville.

Au milieu de tout cela, deux hommes pensaient à eux-mêmes sans agir. Leroux se tenait prêt à escamoter la papauté de Cabet sur les communistes. Mais il n’avait pas assez de suite dans les idées ou pas assez d’audace pour en venir à bout. Il n’a pas paru.