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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/344

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

par cela même qu’il n’appuie ses systèmes économiques sur aucun système socialiste. Proudhon est le plus grand ennemi du socialisme. Pourquoi donc avez-vous compris Proudhon dans vos anathèmes ? Je n’y conçois rien du tout.

Quant à Blanqui, je ne connais pas celui-là, et je déclare que je n’ai jamais lu une seule ligne de lui. Je n’ai donc pas le droit d’en parler. Je ne le connais que par quelques partisans de ses principes qui prêchent une république forcenée, des actes de rigueur effroyables, quelque chose de cent fois plus dictatorial, arbitraire et antihumain que ce que nous subissons aujourd’hui. Est-ce là la pensée de Blanqui ? est-ce une fausse interprétation donnée par ses adeptes ? Avant de juger Blanqui, je voudrais le lire ou l’entendre ; ne le connaissant que par des on dit, je ne me permettrais jamais de le traduire devant l’opinion socialiste ou non socialiste. J’ignore si vous êtes mieux renseigné que moi. Mais, s’il est homme d’action, de combat et de conspiration comme on le dit, qu’il soit ou non socialiste, vous ne devez pas le renier comme combattant, vous qui voulez des combattants avant tout.

Plus j’examine ces diverses écoles, moins je vois qu’aucune d’elles en particulier mérite d’avoir été accusée par un homme aussi juste, aussi bon, aussi impartial que vous, d’avoir perdu la France par le matérialisme.

Les unes ont prêché le spiritualisme le plus pur. Les autres n’ont prêché que dans le désert. Donc, ce