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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/117

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

social, ou du haut d’un journal très répandu, ou du droit d’une grande capacité pratique, qu’on peut venir proposer un système pratique. Mais disséminer le travail des esprits sur une multitude de propositions isolées, c’est ce que je désapprouve.

C’est cette multitude de systèmes pratiques qui nous a empêchés d’en suivre un seul au début de la Révolution. En ce moment, Proudhon parle, et, bien qu’il ne s’inquiète point des principes qui nous préoccupent, je suis d’avis qu’il nous faut l’étudier attentivement et nous tenir prêts à le seconder, s’il est seulement dans la route, ou sur la pente du vrai dans la pratique ; car autre chose est de cultiver en soi une religion, et autre chose est de la pratiquer dans la communauté et le consentement de ses semblables. Il faut bien que chacun fasse une concession pour arriver à l’accord qui seul rend la pratique possible, et c’est ce que ferait probablement Proudhon, s’il se trouvait dans un concile organisateur, en présence d’esprits de sa force, agissant vers un but commun.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ; mais, si vous ne me comprenez pas, il y a de ma faute. Voici ce que je veux dire en résumé : C’est que nous devons travailler sérieusement à dégager en nous les principes, et qu’en même temps nous devons nous faire très accessibles et très modestes devant les moyens proposés. Nous devons ne point croire que nous ayons chacun un moyen qui est le seul, et nous bien persuader que les moyens ne se trouvent qu’en