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Page:Sand - Correspondance 1812-1876, 3.djvu/116

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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

devient aussitôt beaucoup meilleure si beaucoup d’individus prennent le temps de l’examiner et de la perfectionner. La nature des moyens, selon moi, importe fort peu à priori ; et la nature des principes nous est très nécessaire.

Croyez-vous que, le jour où les hommes seront d’accord sur les principes de justice et de fraternité, ils seront à court de moyens ? Croyez-vous donc que, même dans ce moment-ci, les moyens n’abondent pas ? Est-ce l’intelligence de la pratique qui fait défaut en France ? Nullement. Il y a des moyens à remuer à la pelle, et, si nous avions une Assemblée législative composée de socialistes intelligents (certes on en trouverait bien assez pour remplir le Palais-Bourbon), on verrait plus d’un homme de génie apporter son moyen. Ces moyens différeraient ; mais, si la même religion sociale unissait les intelligences, on s’entendrait, et, d’amendements en amendements, on formulerait des lois équitables et vraies qui sauveraient la société.

Croyez-vous qu’en fait de moyens, Proudhon n’ait pas, dans sa banque, de quoi rendre la vie matérielle à ce corps épuisé ? Et croyez-vous qu’il n’y ait pas d’autres grandes intelligences financières qui végètent dans l’obscurité, par impuissance de se produire ? Je dis donc que proposer un moyen pur et simple est une chose puérile, si on ne se sent pas spécialement l’homme du moyen, et si on n’a pas, en outre, le moyen de propager son moyen. C’est dans un concile