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Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/76

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noncer à ce beau jardin de la création, à ces mœurs paradisiaques du premier âge de notre race, à cet Éden enfin qui a été le rêve et comme le poëme de notre enfance, depuis la première rédaction des souvenirs de l’humanité jusqu’à nos jours.

Est-il bon de mépriser cette tradition, ce vague souvenir peut-être d’un paradis perdu, que notre imagination se représente sous l’aspect qui plaît à chaque nature d’esprit, et où l’âme s’attache instinctivement jusqu’à se sentir navrée d’un étrange et mystérieux regret ? La tradition