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Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/223

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tion ; la gaîté, la réflexion, la curiosité, s’éteignirent pour faire place à une gravité muette ou à une activité fougueuse. S’il sentait ses jambes le solliciter au mouvement, il bondissait dans les prairies comme le lièvre qu’il pouvait dès lors atteindre à la course ; mais il ne poursuivait pas le lièvre, il ne se souciait d’apprivoiser aucun être ou de posséder aucune chose. Quand son corps, assoupli par l’exercice, réclamait le repos, il se livrait à un repos absolu, sans compter les heures, sans observer la marche du soleil et sans connaître les terreurs de la nuit, ni le ravissement de l’éclat du jour. Il s’était