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Page:Sand - Évenor et Leucippe, Garnier, 1856, tome 1.djvu/118

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cru reconnaître, quelque part ou auprès de quelqu’un, notre paradis terrestre et l’objet de notre premier amour.

Ce fut donc dans un beau climat, sous un beau ciel, que le fier et doux enfant se trouva seul, un matin, au premier sourire de l’aube nouvelle. Il avait dix ou douze ans, et il n’était pas nu, car il avait une mère qui garantissait sa peau délicate de la morsure des abeilles ou du déchirement des ronces. Sans doute il arrivait de quelque pays un peu plus froid que celui où sa course venait de l’emporter, car il avait le corps protégé par des peaux soyeuses de chevreaux blancs comme la neige. Quel