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À l’hamadryade pareille
Dans ses flancs se cache l’abeille…







La longue racine, sans bruit,
Trace son chemin dans la nuit.
Elle est l’obscure nourricière ;
Tandis qu’inondé de lumière
L’arbre balance dans l’azur
Son front verdoyant, d’un pas sûr
Elle s’enfonce dans la fange ;
L’arbre chante et rit, elle mange ;
La feuille respire, au soleil
La fleur ouvre son sein vermeil ;
Mais la racine vit sans joie :
Pour que l’arbre à nos yeux déploie
Tant de charmes et de splendeurs,
Il faut qu’au monde des laideurs,
De la pourriture fétide,
Elle plonge, dans l’ombre humide.