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Granville qui avait embrassé avec vivacité le parti Aristocratique, avait été passer quelque temps pour affaires dans sa terre, elle y était tombé malade, et comme je me trouvai dans son voisinage, j’allai la voir ; je la trouvai remplie d’effroi, d’après les récits qu’elle entendait faire chaque jour des excès auxquels le peuple se livrait contre les nobles. On en avait massacré plusieurs et on avait brûlé un grand nombre de châteaux. Madame de Granville sensible et généreuse, s’étoit fait jusque-là chérir de ses vassaux, et je ne pouvais croire qu’on cessât de respecter une femme qu’on avait vue tant de fois avec attendrissement, se rendre à pied dans les plus misérables chaumières, y porter des secours, et ce qui est encore plus touchant, des soins et des consolations. Les bienfaits marquent