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LES MUSES FRANÇAISES


CONSULTER. — ERNEST PREVOST, Revue des Poètes, 1901. — GUSTAVE LANSON, Revue universitaire, 1901. — GABRIEL AUBRAY , Mois littéraire et pittoresque, 1905. — ANDRE RIVOIRE, Revue de Paris, 1905. — CAMILLE PERT, L’Informateur des gens de lettres, 1905. — AUGUSTE DORCHAIN, Les Annales, 2 juillet 1905. — EMILE FAGUET, Les Débats, 13 août 1906.

LA TRAVERSÉE


Sur l’océan de Vie, un jour, à tour de rôle,
Nous lançons notre barque et nous appareillons
Vers quelque but lointain embué de rayons
Qui darde sur nos yeux l’attraction d’un pôle.

Aux mâts enguirlandés et que la brise enjôle,
Un baiser de soleil rosit les pavillons,
Et le groupe enlacé de nos Illusions
Chante et rit à la proue en dépassant le môle.

Puis, dans ce même port nous revenons un soir…
Le vent du ciel natal se plaint dans le cordage ;
Sur le mât défleuri s’enroule un voile noir ;

Car une passagère est morte en ce voyage…
Au large de fa mer menteuse on l’immergea…
— Et ses sœurs, au prochain départ, rêvent déjà :

(Les Pierres Sonores.)


AMES SŒURS


D’une aube de soleil tissé en pistils d’or,
Des branches d’une étoile incurvée en corolle,
D’un frisson d’harmonie étreint dans son essor.
Dieu, de tout ce qui luit enfin, frémit et vole,
Fit un jour une fleur aux gloires d’auréole.

Dans le calice teint d’un reflet de l’azur.
Du miel de sa douceur il versa l’ambroisie ;
Et, parsemant de pleurs humains ce galbe pur,
Il baptisa la fleur entre toutes choisies
D’un nom d’amour et de rêve, — la Poésie !

Ses doigts, l’ayant parée avec des soins d’amant,
De leur parfum d’espoir lui firent un aronie…
Fier de son œuvre et la sentant infiniment