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être l’Amour visible, que, là où elles peuvent le moins connaître, elles commencent avant tout par condamner et pensent se recommander elles-mêmes auprès de leur Maître, en se hissant sur les degrés de Son trône de Juge pour le partager avec Lui. Plus étrange que tout, qu’elles se croient guidées par l’Esprit du Consolateur dans des habitudes d’esprit devenues chez elles de purs éléments de désolation pour leur foyer et qu’elles osent convertir les Dieux hospitaliers du Christianisme en de vilaines idoles de leur fabrication ; poupées spirituelles qu’elles attiferont selon leur caprice, et desquelles leurs maris se détourneront avec une méprisante tristesse de peur d’être couverts d’imprécations s’ils les brisaient.

74. Je crois donc, à part cette exception, qu’une éducation de jeune fille comporte, comme classes et comme programmes, à peu près les mêmes études qu’une éducation de jeune homme, mais dirigées dans un esprit entièrement différent. Une femme, quel que soit son rang dans la vie, devrait savoir tout ce que son mari aura vraisemblablement à savoir, mais elle doit le savoir d’une autre manière. Lui doit posséder les principes, et pouvoir approfondir sans cesse, là ou elle n’aura que des notions générales et d’un usage quotidien et pratique. Non qu’il ne puisse être souvent plus sage pour les hommes d’apprendre les choses selon cette méthode en quelque sorte féminine, pour les besoins de chaque jour, et d’aller chercher de préférence les instruments de discipline et de formation de leurs esprits dans les études spéciales qui, plus tard, pourront