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naturels d’une jeune fille — il n’y a pas d’obstacle mis à ses instincts d’amour ou d’effort — qui ne reste indélébilement écrit sur ses traits, avec une dureté qui est d’autant plus pénible qu’elle ôte leur éclat aux yeux de l’innocence et son charme au front de la vertu.

71. Voilà pour les moyens ; maintenant notez bien la fin. Empruntez au même poète une parfaite description de la beauté de la femme.

« Une contenance en laquelle se rencontrent
De doux souvenirs, des promesses aussi douces. »

Le charme parfait d’une contenance de femme peut consister seulement en cette paix majestueuse qui est fondée sur le souvenir des années heureuses et utiles, pleines de doux souvenirs ; et de son union avec cette jeunesse peut-être plus émouvante qui contient encore le germe de tant de renouvellements et de tant de promesses, au cœur toujours ouvert, modeste à la fois et brillante de l’espoir de choses meilleures à acquérir et à donner. Il n’y a pas de vieillesse tant que subsistent ces promesses.

72. Ainsi donc, vous avez premièrement à modeler son enveloppe physique, et ensuite, quand la force qu’elle acquerra vous le permettra, à remplir et pétrir son esprit avec toutes les connaissances et toutes les pensées qui pourront tendre à affermir son instinct naturel de la justice et affiner son sens inné de l’amour. Toutes les connaissances devront lui être données qui la rendront plus capable de comprendre l’œuvre de l’homme et même d’y aider ; et cepen-