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compte, mais en rechignant, et pendant tout ce temps ne se souciant en rien de la chose en elle-même. Seulement toujours prêt à se rengorger s’il y a quelque honneur à tirer de là. Considérez, je vous le demande, arithmétiquement ce que ce fait signifie. Vos dépenses annuelles pour les services publics (dont un tiers pour les armements) sont pour le moins de 50 millions. Or, 700 livres sont à 50 millions comme sept pence à deux mille livres. Supposez donc qu’un gentleman dont le revenu est inconnu, mais dont vous pouvez conjecturer la fortune par ce fait qu’il dépense deux mille livres par an rien que pour les murs de son parc et pour ses valets de pied, fasse profession d’aimer la science. Et qu’un de ses domestiques vienne précipitamment lui dire qu’une collection unique de fossiles qui nous servira de fil à travers une nouvelle ère de la création est à vendre pour la somme de sept pence sterling ; et que le gentleman qui aime la science, et dépense deux mille livres par au pour son parc, réponde, après avoir laissé son domestique attendre plusieurs mois : « Bien ! je vous donnerai quatre pence pour cela, si vous voulez répondre vous-même des pences de surplus, jusqu’à l’année prochaine. »

34. III. Je dis que vous avez méprisé l’art[1]. « Quoi, répondez-vous, n’avons-nous pas nos expositions d’art qui ont des milles de longueur, est-ce que nous n’avons pas consacré des milliers de livres à l’achat de simples peintures ? N’avons-nous pas

  1. Cf. Time and Tide by Weare and Tyne, Lettre 4.