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lire l’un ou l’autre en mettant notre pensée sous leurs mots.

23. Je continue : « Mais, enflées de vent et des brouillards pestilentiels qu’elles respirent. » Ceci répond au lieu commun : « si les pauvres ne sont pas surveillés dans leurs corps, ils le sont dans leurs âmes ; ils ont la nourriture spirituelle. »

Et Milton dit : « Ils n’ont rien qui ressemble à la nourriture spirituelle, ils sont seulement enflés de vent. » Tout d’abord, vous pouvez croire que ceci est un symbole grossier et obscur. Mais, Je le répète, c’en est un tout à fait exact et littéral.

Prenez vos dictionnaires grec et latin et trouvez le sens de « Spirit ». Ce n’est qu’une contraction du mot latin « souffle » et une traduction vague du mot grec qui veut dire « Vent ». (C’est le même mot qui est employé, dans le texte : « Le vent souffle où il lui plaît[1] » et dans cet autre : « Ainsi en est-il de tout homme qui est né de l’esprit » [2], ce qui signi-

  1. St Jean, iii, 8.
  2. St Jean, iii, 8 et 9. Je trouve des allusions à ce passage de St Jean dans On the old Road, III, § 274, dans On the o d Road, II, § 34 : « Alors je ne peux pas ne pas me demander dans quelle mesure il y a connexité entre « pneuma », la vapeur, et d’autres forces pneumatiques dont il est question dans cette vieille littérature religieuse… quelle connexité, dis-je, entre ce moderne « spiritus » avec son inspiration réglée par des soupapes, et ce spiritus plus ancien au souffle chaud duquel les hommes avaient coutume de penser qu’ils pouvaient « être nés ». — Et dans The Queen of the air, III, § 55 : « Quel sens précis nous devons attacher à ces quatre vents de l’esprit dont le souffle pouvait donner la vie aux ossements desséchés, ou pourquoi la présence du pouvoir vital dépendrait de l’action chimique de l’air… nous n’avons pas besoin de le savoir… Ce que nous savons d’une façon certaine, c’est que les états de la vie et les états de la mort sont différents et les premiers plus désirables que les seconds et attingibles par l’effort, si nous comprenons que « né de l’esprit » signifie avoir le souffle du ciel dans notre chair et son pouvoir dans nos cœurs. » — À un autre point de vue Ruskin ici,