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interprétations

B. Le voyage des Rois.

33. Sous le premier Roi :

A. L’Étoile à l’Orient.

B. « Étant avertis dans un songe qu’ils ne devaient pas retourner vers Hérode[1]. »

Je ne doute pas de trouver un jour l’enchaînement véritable de ces sujets, mais cela importe peu, ce groupe de quatre-feuilles étant de moindre intérêt que le reste, et celui du massacre des Innocents curieusement illustratif de l’incapacité du sculpteur à exprimer toute action ou passion violentes.

Mais je ne veux pas essayer d’entrer ici dans les questions relatives à l’art de ces bas-reliefs. Ils n’ont jamais eu d’autre objet que d’être des symboles, ou des guides pour la pensée. Et, si le lecteur veut se laisser doucement conduire par eux, il peut créer lui-même dans son cœur de plus beaux tableaux ; et en tout cas, il peut reconnaître comme leur message à tous, les vérités générales qui suivent :

52. D’abord, que dans tout le Sermon sur cette Montagne d’Amiens, le Christ n’apparaît jamais comme le Crucifié, comme le Christ mort ni n’en éveille un instant la pensée ; mais comme le Verbe Incarné, comme l’Ami présent — comme le Prince de la Paix sur la terre[2] — et comme le roi éternel dans le Ciel. Ce que Sa vie est, ce que Ses commandements sont, et ce que Son jugement sera sont les choses ici enseignées ; non ce qu’Il fit un jour, ce qu’il souffrit un jour, mais ce qu’Il fait à présent, ce qu’Il nous ordonne de faire. Ceci est la pure, joyeuse, belle leçon

  1. Saint Matthieu, ii, 12. — (Note du Traducteur.)
  2. Isaïe, ix, 5. — (Note du Traducteur.)