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des Grecs du nord, plus ou moins de sang et de dialecte grec suivant le degré de leur proximité avec la Grèce proprement dite ; bien que ne partageant pas sa philosophie et ne se soumettant pas à sa discipline. Mais il est en tous cas bien plus exact de parler en bloc de toutes ces régions illyriennes, mœsiennes et macédoniennes, comme étant toutes grecques, que de parler avec Gibbon ou Valentinien de la Grèce et de la Macédoine comme étant toutes illyriennes[1].

24. Dans la même généralisation impériale ou poétique nous trouvons l’Angleterre réunie à la France sous le terme de Gaule, et limitée par « le rempart calédonien ». Tandis que, dans nos propres divisions, la Calédonie, l’Hibernie et le pays de Galles sont dès le début considérées comme des parties essentielles de la Bretagne[2] et leur lien avec le continent conçu

  1. Je trouve la même généralisation fournie à l’étudiant moderne dans le terme « péninsule balkanique » qui éteint à la fois tout rayon et toute trace de l’histoire du passé. — (Note de l’Auteur.)
  2. Gibbon dit plus clairement : « De la côte ou de l’extrémité de Caithness et d’Ulster le souvenir de l’origine celte fut distinctement conservé dans la ressemblance perpétuelle du langage, de la religion et des manières, et le caractère particulier des différentes tribus britanniques peut être naturellement attribué à l’influence de circonstances accidentelles et locales. » Les Écossais des plaines, « mangeurs de froment », ou vagabonds et les Irlandais, sont entièrement identifiés par Gibbon à l’époque où commence notre propre histoire. « Il est certain (l’italique est de lui, non de moi) qu’à l’époque du déclin de l’empire romain la Calédonie, l’Irlande et l’île de Man étaient habitées par les Écossais » (chap. xxv, vol. IV, p. 279). La civilisation plus avancée et le moindre courage des Anglais des plaines faisaient d’eux les victimes de l’Écosse ou les sujets reconnaissants de Rome. Les montagnards, pictes dans les Grampians, ou autochtones dans la Cornouailles et le pays de Galles, n’ont jamais été instruits ni subjugués et restent aujourd’hui la force inculte et sans peur de la race britannique. — (Note de l’Auteur.)