Page:Ruskin - La Bible d’Amiens.djvu/208

Cette page a été validée par deux contributeurs.


remarquons la définition que donne Gibbon (je suppose que c’est la sienne et non celle de l’empereur) de l’empire romain d’Europe en « Illyrie, Italie et Gaule ». Je vous ai dit déjà que vous devez tenir tout ce qui est au sud du Danube pour grec. Les deux principales régions situées immédiatement au sud du fleuve sont la Mœsie inférieure et supérieure formées de la pente des montagnes Thraces au nord jusqu’au fleuve, avec les plaines qui les séparent du fleuve. Vous devrez faire attention à cette région à cause de l’importance qu’elle a eue en formant l’alphabet mœso-gothique dans lequel « le grec est de beaucoup l’élément principal[1] », fournissant seize lettres sur vingt-quatre. L’invasion gothique sous le règne de Valens est la première qui établisse une nation teutonne en deçà de la frontière de l’empire ; mais elle ne fait par là que venir se placer plus immédiatement sous son influence spirituelle. Son évêque, Ulphilas, adopte cet alphabet mœsien, aux deux tiers grec, pour sa traduction de la Bible, et cette traduction le répand partout et assure sa durée jusqu’à l’extinction ou l’absorption de la race gothique.

23. Au sud des montagnes thraces, vous avez la Thrace elle-même et les pays confusément appelés Dalmatie et Illyrie, bordant l’Adriatique, et allant à l’intérieur des terres dans la direction de l’est, jusqu’aux montagnes qui servent de ligne de partage des eaux. Je n’ai jamais pu me former par moi-même une notion très claire de ce qu’étaient, à aucune époque déterminée, les peuples de ces régions ; mais ils peuvent tous être considérés en masse comme

  1. Milman, Histoire du christianisme, vol. III, p. 36. — (Note de l’Auteur.)