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eu d’influence sur l’histoire chrétienne que par l’intermédiaire de l’Arabie ; quant aux tribus asiatiques du nord, Mèdes, Bactres, Parthes et Scythes, devenus plus tard les Turcs et les Tartares, nous n’avons pas à nous en préoccuper avant le jour où ils viennent nous envahir chez nous, dans notre propre territoire historique.

19. Employant les termes « gothique » et « classique » pour séparer simplement des zones septentrionales et centrales notre propre territoire, nous pouvons avec tout autant de justice nous servir du mot arabe[1] pour toute la zone du sud. L’influence de l’Égypte disparaît peu après le ive siècle, tandis que celle de l’Arabie, puissante dès le début, grandit au vie siècle sous la forme d’un empire dont nous n’avons pas encore vu la fin[2]. Et vous pourrez apprécier de la manière la plus juste le principe religieux sur lequel est édifié cet empire en vous souvenant que, tandis que les Juifs prononçaient eux-mêmes la déchéance de leur pouvoir prophétique en exerçant la profession de l’usure sur toute la terre, les Arabes revenaient à la simplicité de la prophétie, telle qu’elle était à ses commencements auprès du

  1. Le xxxvie chapitre de Gibbon commence par une sentence qui peut être prise comme l’épitome de l’histoire tout entière que nous avons à étudier. « Les trois grandes nations du monde, les Grecs, les Sarrazins, les Francs, se rencontrèrent toutes sur le théâtre de l’Italie. »

    J’emploie le mot plus général de Goths au lieu de Francs et le mot plus précis Arabe au lieu de Sarrasins, mais en dehors de cela le lecteur remarquera que la division est la même que la mienne. Gibbon ne reconnaît pas le peuple romain comme nation, mais seulement la puissance romaine comme empire. — (Note de l’Auteur.)

  2. De récents événements ont montré la force de ces paroles (Note de la révision, mai 1885). — (Note de l’Auteur.)