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Allant jusqu’à une dérivation un peu plus lointaine, mais subtile, nous pouvons considérer ce premier « Saillant » comme un promontoire en bec d’aigle sur la France que nous connaissons, vers ce que nous appelons aujourd’hui la France ; et à jamais dans sa brillante élasticité de tempérament, une nation à sauts et saillies, nous fournissant à nous Anglais, car nous pouvons risquer pour cette fois ce peu d’érudition héraldique, leur « Léopard » (non comme une créature mouchetée et tachetée, mais naturellement élancée et bondissante) pour nos écussons royaux et princiers.

En voilà assez sur leur nom de « Salien », mais de l’interprétation de la Franchise nous sommes aussi loin que jamais, et il faut nous contenter cependant d’en rester là, en notant toutefois deux idées liées dans la suite à ce nom, qui sont pour nous d’une très grande importance de définition.

32. « Le poète français dans les premiers livres de sa Franciade, dit M. Favine » (mais quel poète, je ne sais, ni ne puis me renseigner là-dessus)[1], « raconte »[2] (dans le sens de écartèle, ou peint comme fait un héraldiste) « certaines fables sur le nom

    général que les pires hommes agissent quelquefois bien, et les meilleurs souvent mal, loue quand il a besoin d’arrondir une phrase et blâme quand il ne peut pas, sans cela, en terminer une autre), — nous aurions été surpris d’entendre dire de la nation « qui mérita, prit et garde le nom honorable d’hommes libres », que « ces voleurs indisciplinés traitaient comme leurs ennemis naturels tous les sujets de l’empire possédant une propriété qu’ils désiraient acquérir ». La première campagne de Julien qui rejette les Francs et les Allemands au-delà du Rhin, mais accorde aux Francs Saliens, sous serment solennel, les territoires situés dans les Pays-Bas, sera retracée une autre fois. — (Note de l’Auteur.)

  1. Il s’agit pourtant de Ronsard. — (Note du Traducteur.)
  2. « Encounters, en quartiers ».