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le cerveau anglais. Un jour que nous nous efforcions de mettre un peu de lumière dans nos esprits sur la question grecque, en questionnant un officier de marine dont le vaisseau avait stationné dans les eaux grecques et adriatiques durant notre occupation de Corfou et des autres îles Ioniennes, nous pûmes seulement tirer de notre informateur qu’un matin, avant déjeuner, il avait pendu soixante-dix-sept prêtres.

36. Le second passage que je mets en réserve dans ces notes pour l’utilité que nous en tirerons plus tard est le suivant, absolument merveilleux, pris dans un livre plein de merveilles — si on peut mettre une idée vraie sur le même rang que des faits et lui attribuer la même valeur : les Grains de bon sens d’Alphonse Karr. Je ne puis louer ce livre ni son plus récent : Bourdonnements, au gré de mon cœur, simplement parce qu’ils sont d’un homme qui est entièrement selon mon propre cœur, qui a dit en France depuis bien des années ce que, moi aussi, depuis bien des années, je dis en Angleterre, sans nous connaître l’un l’autre, et tous deux en vain (Voir § 11 et 12 de Bourdonnements).

Le passage donné ici est le chapitre lxiii des Grains de bon sens.

« Et tout cela, Monsieur, vient de ce qu’il n’y a plus de croyances, — de ce qu’on ne croit plus à rien.

« Ah ! saperlipopette, Monsieur, vous me la baillez belle ! Vous dites qu’on ne croit plus à rien ! Mais jamais, à aucune époque, on n’a cru à tant de billevesées, de bourdes, de mensonges, de sottises, d’absurdités qu’aujourd’hui.

« D’abord, on croit à l’incrédulité — l’incrédulité est une croyance, une religion très exigeante, qui a ses dogmes, sa liturgie, ses pratiques, ses rites !… son