Page:Ruskin - La Bible d’Amiens.djvu/129

Cette page a été validée par deux contributeurs.


rait être bien de prendre d’autres fonctions, il demande à l’empereur Julien d’accepter sa démission. Celui-ci, l’ayant accusé de pusillanimité, Martin lui offre de conduire sa cohorte au combat, sans armes et portant seulement le signe de la croix. Julien le prend au mot, le garde jusqu’à ce que l’époque du combat approche, mais la veille du jour où il compte le mettre ainsi à l’épreuve, l’ennemi envoie une ambassade avec des offres de soumission et de paix.

25. On n’insiste pas souvent sur cette histoire ; jusqu’où elle est littéralement vraie, remarquez-le de nouveau, ne nous importe pas le moins du monde ; ici la leçon est donnée pour toujours de la manière dont un soldat chrétien devrait rencontrer ses ennemis. Leçon grâce à laquelle, si le Mr Greatheart[1] de John Bunyan l’avait comprise, les portes célestes se seraient ouvertes de nos jours à plus d’un pèlerin qui n’a pas su se frayer un chemin jusqu’à elles avec l’épée de violence.

Mais l’histoire est vraie en quelque façon pratiquement et effectivement ; car, après un certain temps, sans aucun discours, ni anathème, ni agitation d’aucune sorte, nous trouvons le chevalier romain fait évêque de Tours et devenant une influence de bien sans mélange pour toute l’humanité, alors et dans la suite. Et de fait l’histoire de son manteau de chevalier se répète pour sa robe d’évêque, et il ne faut pas la rejeter parce qu’il est probable que c’est une invention car il est tout aussi probable que ce fut une action.

28. Allant dans ses plus beaux habits dire les prières à l’église, avec un de ses diacres, il rencontra sur la

  1. Personnage du Pilgrims Progress de John Bunyan. — (Note du Traducteur.)